Historique
Le sujet des mares étant un sujet important, il est traité depuis longtemps au sein des associations du réseau de Poitou-Charentes Nature. De 1998 à 2002, un premier programme régional d’inventaire des mares du Poitou-Charentes, avait eu lieu, avec l’aide de ses associations membres et de leurs bénévoles. Les objectifs de cette démarche étaient de recenser le plus grand nombre possible de mares existantes dans la région, de préciser leurs typologies et leurs caractéristiques écologiques, d’évaluer l’importance et les causes de la régression des mares dans les différentes zones biogéographiques régionales, de lister les différentes menaces qui pesaient sur elles, et de déterminer l’importance des mares régionales dans la répartition et la pérennité de certains groupes faunistiques.
Ce travail mené il y a 20 ans avait permis de caractériser 3700 mares et d’estimer à plus de 30 000, le nombre de mares sur le territoire grâce à un travail minutieux de nombreux bénévoles !
Et maintenant
Ce travail de recensement de toutes les mares du Poitou-Charentes a été effectué de nouveau en 2022. Via les nouveaux outils cartographiques et notamment le développement du SIG ou encore l’évolution des fonds cartographiques (orthophoto et par SCAN 25 IGN), mais aussi via les nombreux partenaires locaux qui ont pu travailler sur cette thématique (collectivités, structures agricoles, privées, associations…) le travail s’avère bien plus complet que ce qui a pu être réalisé par le passé. Au total plus de 54 000 points d’eau (surface stagnante en eau <2000m²) ont été recensés sur les départements, celle-ci reste par ailleurs à vérifier sur le terrain afin de savoir s’il s’agit bien d’une mare ou d’un bassin / étangs. De plus les zones étant très grandes à couvrir, il est probable que l’inventaire ne soit pas encore complet et limite la détection sur les cartes:
- Des mares de très petite taille
- Des mares en voie de comblement ou recouvertes par la végétation
- Des mares forestières
- Des mares de création récente
“Carte densité de mare par mailles / par commune ? Faire le lien avec les 4 mares au 100ha”
Encadré : Des études menées en Gâtine nous ont montré qu’une densité de plus de 4 mares aux 100ha est nécessaire pour assurer le lien entre les populations d’amphibiens
Si l’on s’intéresse à la répartition des mares sur les départements, on observe une forte hétérogénéité qui peut s’expliquer par les diversités géologiques des sous-sols et des paysages de la région.
Sur le plan géologique, la région Poitou-Charentes a la particularité d’être très composite. Au nord-ouest, les Deux-Sèvres sont en partie formées par le Massif Armoricain, alors qu’au sud-est de la région apparaît le Massif Central. Entre ces deux anciens reliefs, s’intercalent deux bassins sédimentaires qui sont au nord-est le Bassin Parisien et au sud-ouest le Bassin Aquitain. Ceux-ci communiquent par le seuil du Poitou.
Les terrains anciens, formés à l’ère primaire (Massifs Armoricain et Central), sont des sous-sols imperméables (granites et schistes) sur lesquels l’eau s’infiltre peu, donc propices à la création de points d’eau. Sur ces types de sous-sols, les mares ont parfois des densités importantes comme dans le nord-ouest des Deux-Sèvres et le sud-est de la Vienne. Ce sont des régions de prairies et d’élevage ou la mare joue également encore un rôle.
Les dépôts secondaires (jurassique) sont essentiellement des faciès calcaires, argilo-calcaires, marneux plus ou moins imperméables. Ces zones sont beaucoup moins propices au maintien de l’eau en surface, ce qui explique la faible densité de mares sur ces secteurs. Beaucoup ont été remembrées, les haies et les mares ont disparu pour laisser la place à des cultures céréalières.
Sur le plan des paysages, on constate que les mares sont plus nombreuses dans les zones bocagères (zone d’élevage) au relief plus ou moins accidenté et au sous-sol imperméable (nord-ouest de la région) que dans les zones de plaines, remembrées et occupées par la céréaliculture, où elles ont parfois totalement disparu.
